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Sursaut des partisans du maintien de la ligne Maginot nucléaire au sein du PS ?



Sursaut des partisans du maintien de la ligne Maginot nucléaire au sein du PS ?
Paris, le 20 juin 2011 - Dans Les Echos de jeudi 16 juin Anne Lauvergeon, qui a piloté la création d'AREVA, confirmait sa conviction que l'énergie nucléaire était porteuse d'avenir pour notre pays, qu'elle était sa "ligne Maginot" sur le front de la bataille pour l'énergie. De ce point de vue, il n'y a aucune divergence stratégique entre elle et le Chef de l'Etat qui vient de la limoger.

Le 1er Ministre appelait récemment les formations politiques ayant conduit des gouvernements depuis 30 ans à préserver le consensus pro-nucléaire qui a si longtemps fédéré la technostructure et les élites politiques de notre pays. Anne Lauvergeon, ingénieure des Mines, ancienne conseillère du Président Mitterrand, qui avait acquis la confiance du Président Chirac et, un temps, celle du Président Sarkozy, a longtemps incarné, aux yeux du monde ce consensus des élites françaises. Celui-ci s'effrite après Fukushima, sous la pression de citoyens plus lucides et plus responsables que la plupart de leurs dirigeants.

La position exprimée au nom du PS par Benoit Hamon et Guillaume Bachelay, qui dénoncent le "mauvais coup porte a l'industrie française" témoigne de la persistance d'un aveuglement certain parmi les dirigeants de la rue de Solférino sur la nature de la transition énergétique à engager dans notre pays et sur la nécessaire restructuration de la filière nucléaire française.
Alors qu'Anne Lauvergeon s'est engagée dans la promotion de l'EPR et pour le développement de nouvelles capacités de production d'électricité d'origine nucléaire, à l'heure où doivent se préparer des scénarios de sortie progressive du nucléaire, elle ne pouvait incarner la profonde réorientation de la filière nucléaire vers la gestion de la fin de vie des centrales, leur démantèlement et le gardiennage des sites nucléaires.

Son départ aurait pu signifier un changement radical du cours de la politique nucléaire civile de notre pays. Les portes parole du PS auraient pu mettre cela en avant au lieu de regretter le départ d'Anne Lauvergeon. Il n'en est rien et je le regrette. Faut-il y voir un sursaut des partisans du maintien de la ligne Maginot nucléaire au sein du PS ?

Lundi 20 Juin 2011



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