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Billets d'humeur
Retour de la peur de la grande panne : limites d’un modèle énergétique dépassé
L’épisode météorologique extrême que traverse notre pays en ce moment laisse donc craindre une pointe exceptionnelle de consommation d’électricité ce jeudi 2 décembre, qui ne s’annonce donc pas comme l’Austerlitz des producteurs d’électricité nationaux.
Le risque de grande panne frappe donc à nouveau à notre porte … et la seule manière d’y parer est de « modérer sa consommation ». Tout d’un coup la sobriété énergétique, que dis-je, la décroissance deviendraient les solutions à une crise de sur consommation. Les causes mises en avant par les autorités sont les suivantes : « La consommation d'électricité est sensible aux variations de températures en raison du fort équipement des Français en appareils de chauffage électrique. En hiver, une baisse de 1°C de la température entraîne une augmentation de la consommation d'électricité d'environ 2.300 MW, soit le double de la consommation de la ville de Marseille. La consommation d'électricité atteint ses plus hauts niveaux le soir, quand tous les Français rentrent chez eux et allument simultanément chauffages électriques et autres appareils ménagers (lave-linge, télévision...). » Quel double aveu : • Le suréquipement des français en chauffage électrique, imputable aux pressions du complexe électro nucléaire pour écouler la production nucléaire de base, atteint donc des limites potentiellement dramatiques : la rupture est nos portes ! • La dépendance des ménages français à l’égard des grandes infrastructures de production d’électricité touche ses limites ! Le modèle de production électrique, le système énergétique qui étaient censés nous mettre à l’abri du risque de pénurie, et nous assurer à la fois indépendance et sécurité énergétique montre une fois de plus ses limites. Mono culture industrielle, grandes infrastructures vulnérables, aveuglement productiviste, promotion hors de toute mesure du tout électrique : l’arrogance de la techno structure énergétique de notre pays est mise en défaut. Nous ne le répéterons jamais assez : il est temps de changer de trajectoire, vraiment, en engageant enfin une politique énergétique sur deux axes : 1) la baisse drastique de la consommation électrique en s’attaquant massivement à la performance énergétique du bâti existant ; 2) la diversification accélérée du mix énergétique français en accélérant vraiment le développement des énergies renouvelables pour satisfaire de manière décentralisée les besoins qui ne requièrent pas d’infrastructures lourdes de production et de transport d’électricité. Dans ces temps nouveaux, la responsabilité des politiques que nous sommes est de remettre le bonhomme sur ses pieds, en retirant des mains exclusives de la techno structure énergétique le soin de faire les choix à notre place. Assurer l’indépendance énergétique, la sécurité d’approvisionnement passent aujourd’hui par une recherche systématique de la sobriété et de l’efficience énergétique. Il s’agit d’engager, enfin, la transition écologique de notre système énergétique. Les bénéfices économiques, sociaux, climatiques seront au rendez-vous, au profit, enfin, de tous nos concitoyens. Jeudi 2 Décembre 2010
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