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L’écologie politique est elle soluble dans la sortie du nucléaire ?



L’écologie politique est elle soluble dans la sortie du nucléaire ?
Le 25 juin, les Verts allemands, réunis en Congrès extraordinaire à Berlin ont décidé, après des heures de débat passionné où se sont confrontés les « réalistes » et les « fondamentalistes », de soutenir le plan de « sortie du nucléaire » présenté par la Chancelière Angela Merkel.

Les semaines qui ont précédé cette décision historique des Grünen ont pu laisser craindre que le principal parti écologiste d’Europe, constitué notamment dans la lutte anti nucléaire, soit profondément bouleversé, sinon stoppé net dans sa progression formidable dans l’opinion Allemande, par le plan avancé par la Chancelière et son gouvernement. Il risquait en effet de se voir dépossédé d’un élément constitutif de son identité, ce qui aurait pu le condamner à terme à un repli alors même qu’il est aujourd’hui aux portes du pouvoir fédéral, après avoir conquis la présidence du Land de Bade Wurtemberg.

Le débat du 25 juin et la décision prise par les 819 délégués des adhérents des Grünen montre que non seulement ceux-ci ont résisté face à la menace d’une dépossession mais ont trouvé dans ce retour à une sortie programmée du nucléaire à horizon 2022 un levier pour rebondir et porter plus loin le projet de l’écologie politique. Il est vrai que ce plan de sortie du nucléaire renoue avec le projet de la coalition SPD – Grunen de sortie à horizon 2020 qui avait été décidé au cours du 1er gouvernement Schroder entre 1998 et 2002, puis suspendu, après 2005 par le 1er gouvernement Merkel.

L’écologie politique n’est donc pas soluble, au moins en Allemagne, dans la sortie du nucléaire.

Si la sortie du nucléaire est aujourd’hui le signe le plus tangible d’entrée dans la transition énergétique pour un pays développé et nucléarisé, il n’en demeure pas moins qu’elle ne saurait résumer le projet de transformation porté par l’écologie politique.

Mais cette vérité d’outre Rhin l’est elle aussi de ce côté ci du pont de Kehl ?

Aller vers la transformation écologique de notre pays suppose de l’engager sur le chemin du changement de système énergétique. Cela passe par le développement de l’autonomie énergétique, l’essor des EnR, l’engagement d’un plan massif de réduction des consommations d’énergie … c'est à dire par et pour la sortie du nucléaire dans le pays le plus nucléarisé d’Europe. Mais en France aussi l’écologie politique porte un projet de « prospérité sans croissance » pour paraphraser Tim Jackson. Des deux côtés du Rhin, il y a donc un avenir pour l'écologie politique après la sortie du nucléaire !

Pour les écologistes français, la sortie du nucléaire sera au cœur du contrat de gouvernement avec les socialistes en vue de la mandature 2012 – 2017. Sans elle il n’y aura pas de contrat de gouvernement. Pour autant, comme en Allemagne, le projet écologiste ne s’éteindra pas avec la décision de sortir du nucléaire. Il nous faut dès maintenant anticiper ce rendez vous, comme nos amis Allemands ont su le faire.

Mercredi 29 Juin 2011



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