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Gaz et pétrole de schiste : protégeons la Champagne Ardenne



Gaz et pétrole de schiste : protégeons la Champagne Ardenne
L’Etat a récemment accordé plusieurs permis de prospection d’hydrocarbures liquides ou gazeux dits « gaz/pétrole de schiste » sur le territoire français.

Ainsi, la société Lundin International bénéficie à ce titre, depuis le 10 septembre 2009 d’un permis exclusif de recherches de mines d'hydrocarbures liquides ou gazeux dit « Permis d'Est Champagne » dont le périmètre délimite une superficie totale de 2 698 kilomètres carrés environ située sur les départements des Ardennes, de la Marne et de la Meuse.

Un autre permis dit « permis de Château Thierry » a été accordé le 4 septembre 2009 à société Toreador Energy France SCS visant lui aussi à rechercher la présence de « gaz/pétrole de schiste » en vue d’une exploitation ultérieure. Le périmètre de ce permis délimite une surface de 779 km² environ située au sud de Château-Thierry sur les départements de l'Aisne, de Seine-et-Marne et de la Marne.

Ces deux sociétés devraient entamer sur ces sites un programme de forages visant à rechercher la présence de « gaz/pétrole de schiste » en vue d’une exploitation ultérieure.

Il faut sans doute aussi prendre en compte le permis dit « des Ardennes » du 27 octobre 2008 accordant un permis exclusif de recherches d'hydrocarbures liquides ou gazeux, aux sociétés Thermopyles SAS et Pilatus Energy SA sur une surface de 1 176 kilomètres carrés environ, portant sur une partie du département des Ardennes.

Ces permis ont été octroyés sans consultation avec la population et les élus locaux, au mépris des engagements de la France signataire de la Convention d'Aarhus en matière de concertation préalable pour les décisions publiques ayant un impact environnemental.

Très peu d'information est disponible sur ces permis et leur portée, comme si l'administration faisait service minimum. Ce qui n'est évidemment pas rassurant.

Outre la complexité et le coût d’une telle exploitation, les conséquences pour l’environnement et la santé publique peuvent s’avérer très lourdes. La technique utilisée, qui est aujourd'hui la seule disponible, est non seulement polluante et dangereuse pour l’écosystème mais aussi très consommatrice d’eau.

Le gaz/pétrole de schiste étant prisonnier dans la roche, il ne peut être extrait par simple forage. La méthode utilisée consiste à injecter, sous très haute pression, de l’eau, additionnée de produits chimiques particulièrement toxiques, qui permettent de « fracturer » la roche et de laisser ainsi le gaz/pétrole s’échapper.

L’eau utilisée n’est récupérée qu’en partie : une partie polluée reste dans le milieu naturel, rejoint les aquifères et alimente les rivières. L’autre partie est récupérée pour être à nouveau injectée ou être traitée dans la mesure de ce qu’il est possible de faire avec des métaux lourds.

Les premiers bilans de l’exploitation du gaz/pétrole de schiste, qui connaît un développement record aux Etats-Unis depuis les années 2000, illustrent parfaitement les menaces de catastrophes, écologique et sanitaire, d’une telle exploitation.

Au-delà des risques de graves dommages environnementaux, ’exploitation du gaz/pétrole de schiste va à l’encontre des objectifs de diminution des gaz à effet de serre et du développement des énergies renouvelables , tels qu’ils ressortent notamment du Plan Régional Energie Climat adopté par la Région Champagne Ardenne fin 2008 et des lois portant engagement national pour l’environnement dites « lois Grenelle 1 et 2 ».

Notre Région, qui prépare l’élaboration du Schéma Régional Climat Air Energie (SRCAE) conjointement avec l’Etat, ne peut accepter les projets de développement sur son territoire de nouvelles exploitations de combustibles fossiles, qui pourraient suivre les permis de prospection accordés.

Toutes les collectivités concernées (département, communes, etc) sont directement confrontées aux risques environnementaux et à la contradiction avec leurs efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre sur les territoires qu’elles administrent.

Malgré l’annonce conjointe par Nathalie Kosziusco Morizte, Ministre du développement durable et Eric Besson, Ministre de l’industrie et de l’énergie, d’une étude de 3 ou 4 mois sur les conditions de prospection et d’exploitation de gaz de schiste et l’évaluation des risques environnementaux associés, la plus grande vigilance s’impose.

Chat échaudé craint l’eau chaude. Donc deux précautions valent mieux qu’une !

Dès lors, pour protéger les Champardennais, la Champagne Ardenne du risque « gaz ou pétrole de schiste », j’appelle les élu-es de toutes les collectivités concernées à :

- demander aux services de l'Etat d'assurer la plus large information des Champardennais sur les permis déjà autorisés comme sur ceux qui sont à l'étude, sur leur portée et les risques associés, parce que nous avons le droit de savoir !

- s’opposer par tous moyens à l’exploitation du « gaz/pétrole de schiste » sur le territoire administré par leur collectivité ;

- exiger dans l’immédiat un moratoire sur la prospection ;

- demander l’organisation d’un débat public sur la manière d’engager la Champagne Ardenne vers un avenir indépendant des énergies fossiles.

En savoir plus :

Le permis de « château Thierry »

Le permis d’ "Est Champagne »

La carte officielle des titres miniers d’hydrocarbures

télécharger celle du 1er juillet 2010 (celle du 1er janvier 2011 n’est pas encore en ligne) > cela permet de voir que la Champagne Ardenne est concernée à la fois par des permis de recherche déjà attribués (en jaune : permis d’ « Est Champagne » et de « Château Thierry ») et par des demandes de permis de recherche (en gris)

Et aussi :

Le communiqué d’Europe Ecologie Les Verts

Le site crée par CAP 21, dédié aux gaz de schiste

Une vidéo Québécoise de 3 minutes « Gaz de schiste : wo ! »

Vendredi 4 Février 2011



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