Document sans nom
AccueilMe connaitreActualitésBlogContact
Communiqués

Eric Loiselet interpelle les deputes ou ministres UMP membres du conseil regional pour interdire certains outils de speculation pure



Eric Loiselet interpelle les deputes ou ministres UMP membres du conseil regional pour interdire certains outils de speculation pure
Lettre envoyée à Bérangère Poletti, Jean-Luc Warsmann, Benoit Apparu et Charles de Courson
Chalons en champagne le 26 mai 2010-05-27

La BAFIN, le régulateur financier allemand, a décidé dans nuit du 18 au 19 mai d’interdire « les ventes à découvert à nu » sur un ensemble de titres de grandes entreprises allemandes et sur les titres de la dette souveraine. Ces instruments de pure spéculation permettent aux investisseurs de parier sur la baisse des prix d’un titre (ou sur la hausse du prix de l’assurance contre un possible non remboursement de sa dette par un État ou une entreprise) sans jamais détenir ou emprunter ce titre. L’Allemagne s’attaque à ce genre de pratiques, non pas en les régulant, mais en les interdisant, pour un an, au moins. Cette décision, pionnière, va dans le bon sens. L’Allemagne a eu le courage de lancer le mouvement, sans attendre un éventuel accord de ses partenaires.

Un projet de document du ministre des finances allemand a révélé ce 25 mai que l’Allemagne pourrait élargir l'interdiction des échanges spéculatifs sur les titres financiers jusqu’à couvrir toutes les actions !

Comme les investisseurs institutionnels recherchent, eux, le rendement à long terme, il n’y a guère que les spéculateurs à être vraiment gênés par ce genre de mesures d’interdiction. Sauf que ceux-ci peuvent tout à fait continuer à jouer à partir de Londres, New York ou Singapour. La mesure allemande deviendrait donc plus intéressante si elle était prise au niveau européen ou du G20.
Le 20 mai, Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemand, a affirmé dans un entretien au Financial Times, que l’Allemagne souhaite une régulation stricte des marchés de produits dérivés afin de maîtriser des marchés « hors de contrôle » et qu’elle soutient le projet d’une taxation des transactions financières pour faire payer en partie le coût de la crise au monde de la finance. Il indique clairement qu’il entend que la volonté régulatrice montrée par le G20 en 2009 se poursuive en 2010.
Dès lors, la position du gouvernement français dans ce débat devient essentielle : d’elle peut dépendre le succès ou l’échec de la mesure allemande, la possibilité ou non de la voir étendue au niveau européen, et même au-delà. Après une forte mobilisation du président la République en 2008, la volonté régulatrice de la France semble avoir fléchi. La rapidité avec laquelle Christine Lagarde, la ministre des Finances, a condamné le principe même, au-delà de la méthode (absence de coordination européenne), de l’offensive allemande n’est pas de bon augure de la part d’un gouvernement qui semble tenté par les vieilles sirènes libérales d’avant crise qui nous ont menés au désastre.

La Commission européenne devait de toute façon faire des propositions sur le sujet d’ici quelques semaines et elle sera influencée par la décision allemande. Elle sera aussi influencée par la position française. Vous appartenez à la majorité parlementaire, vous avez, à ce titre, une capacité réelle à peser sur les choix du gouvernement de notre pays.

C’est pour cela que je m’adresse à vous aujourd’hui, pour vous demander de peser, à l’Assemblée Nationale, pour que le gouvernement de notre pays, non seulement soutienne la mesure d’interdiction adoptée par les autorités allemandes, mais l’étende aux marchés français et travaille à ce qu’elle soit mise en œuvre dans l’ensemble de l’Union Européenne.

Le temps est venu d’intervenir rapidement, afin que le politique, et donc la démocratie, reprennent le leadership sur les marchés financiers trop longtemps laissés libres d’opérer à leur convenance, à la manière du renard dans le poulailler

Je suis certain, qu’au fond, vous partagez cette approche, et je ne doute pas que vous saurez la faire vôtre, et convaincre vos amis de la majorité parlementaire.


Eric LOISELET
Président du groupe Europe Ecologie au Conseil Régional de Champagne Ardenne

Jeudi 27 Mai 2010




Dans les médias | Communiqués | Au Conseil régional

Document sans nom
Inscription à la newsletter