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Déchets nucléaires : débattre de la réversibilité ne saurait masquer l’impasse que constitue le stockage en profondeur



Déchets nucléaires : débattre de la réversibilité ne saurait masquer l’impasse que constitue le stockage en profondeur
Communiqué de presse
Reims, le 14 décembre 2010

Déchets nucléaires : débattre de la réversibilité ne saurait masquer l’impasse que constitue le stockage en profondeur

Du 14 au 17 décembre, l’Agence l'OCDE pour l'Energie Nucléaire organise à Reims, avec la participation de l'Andra un colloque international sur le thème "Réversibilité et récupérabilité dans le stockage géologique de déchets radioactifs". Fort bien ! La réversibilité est inscrite dans la loi française de 2006 sur la gestion durable des déchets radioactifs. Il est après tout compréhensible que des experts débattent de cette question qui est placée par les opérateurs de la filière électro nucléaire au cœur du problème de l’acceptabilité du stockage en couche géologique profonde.

Malheureusement, force est de constater que ce colloque est sinon un leurre tout du moins illusoire. Le stockage en couche géologique profond est la pire des solutions envisageables pour la gestion des déchets radioactifs à haute activité et vie longue (HAVL). Il en existe deux autres : la transmutation et le stockage en surface. La transmutation se heurte à des obstacles technologiques, s’annonce comme très fortement consommatrice d’énergie, et laisse toujours des déchets au bord de la route. Il n’est pas aujourd’hui possible de fonder sur elle l’espoir d’une gestion enfin responsable des déchets nucléaires. Le stockage en surface, au contraire, apparaît comme la solution la plus raisonnable, y compris pour les déchets HAVL : ils restent sous surveillance, la question de la réversibilité ne se pose plus puisque les sites ne sont plus fermés après remplissage, il est possible d’utiliser les installations nucléaires existantes, nul besoin d’ouvrir de nouveaux sites, et c’est de très loin, la moins couteuse des solutions.

« Un colloque pour rien »

Ce colloque est un colloque pour rien. Le stockage en couche géologique profonde est une voie sans issue. Cette solution est irresponsable et va se fracasser sur l’envol exponentiel du coup de construction d’un site de stockage. Aujourd’hui les évaluations s’envolent au niveau des 35 milliards d’Euros. Outre le fait qu’elle n’est pas à notre portée financière, aujourd’hui ou demain, cette dépense serait une folie. Il est plus que temps de s’engager enfin sur la voie du stockage en surface ou sub surface sur sites nucléaires existants comme le proposent de longue date les ONG environnementales. Et là, oui, il faudrait des colloques internationaux ; bien sûr cela vaut pour les déchets déjà produits ou qui sont en cours de production. Au-delà reste l’impérieuse nécessité de cesser d’en produire, donc de sortir progressivement de la filière électro nucléaire ».

Eric Loiselet,
Président du groupe des Ecologistes au CR de Champagne Ardenne
Membre du conseil fédéral d’EELV

Mardi 14 Décembre 2010



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