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Au Conseil régional
Clause de conscience
bLundi 23 mai la majorité du Conseil Régional a adopté un vœu sur la sureté nucléaire et la politique énergétique de la France ([voir ici. L’UMP et le FN n’ont pas pris part au vote. Je me suis abstenu. Voici pourquoi. ]b
J’avais fait connaître ma position à mes collègues élu-es écologistes vendredi dernier au vu de la dernière version du texte du vœu. Cette abstention n’est pas un refus du contenu du vœu, qui correspond, de mon point de vue à une position « a minima ». Le vœu évoque le sort des salariés de la sous-traitance du nucléaire, et je m’en félicite. Mon abstention se veut constructive : elle se situe dans la perspective, pas si lointaine j’espère, où les socialistes champardennais, notamment, se rallieront au projet de « sortir du nucléaire ». Mais je considère que nous aurions pu aller plus loin dans au moins deux domaines. Sur l’audit de sureté nucléaire tout d’abord : Nous aurions pu dénoncer l’attitude du gouvernement français qui, à Bruxelles, tente de réduire le périmètre de l’audit européen aux risques qu’il considère acceptable. A l’unisson des parlementaires européens et de la commission européenne ce vœu aurait pu exprimer une exigence simple ; que tous les types de risque soient pris en compte par l’audit de dureté, y compris les risques terroristes et les risques aériens. De ce point de vue, le vœu est en retrait, non seulement en regard des positions des écologistes, mais aussi de celles du PS au niveau national. Le vœu aurait aussi pu demander que les conclusions de l’audit concernant les installations nucléaires en Champagne Ardenne soient restituées au Conseil Régional à l’occasion d’une séance ad hoc. Enfin, le Conseil Régional pourrait organiser lui-même un débat public sur ces résultats. Sur la politique énergétique de la France ensuite : Le vœu, dans son exposé des motifs, énonce qu’il faut « travailler à la sortie de la dépendance au nucléaire, comme il faut travailler à sortir de la dépendance du pétrole. Pour cela, développer la recherche est primordiale, ce qui malheureusement n'est plus vrai aujourd'hui. Il faut travailler sur la complémentarité de l'ensemble des modes de production. » Si cette position correspond à celle du projet socialiste pour 2012 tel qu’il est en cours d’adoption par les militants socialistes et témoigne d’une évolution des communistes champardennais, il est évidement éloigné de la position des écologistes … mais aussi de celle que Martine Aubry, 1ere secrétaire du PS a exprimé après le drame du Fukushima : « sortir du nucléaire en 25 ans ». Il m’est apparu que nous étions loin du compte, sur un enjeu de fond pour les écologistes et que voter pour ce compromis a minima, reprenant la position « moyenne » du PS, déjà en cours de dépassement, ne correspondait ni à mes convictions ni à l’intérêt collectif des écologistes. En outre, alors qu’Europe Ecologie Les Verts, a déjà indiqué publiquement que la question de la sortie du nucléaire serait au cœur de la négociation d’une éventuel accord de gouvernement avec le PS et les autres forces de la gauche classique (Cécile Duflot l’a d’ailleurs rappelé devant le Conseil fédéral d’EELV réunit le samedi 14 mai dernier, et nos Etats Généraux du Nucléaire tenus à Paris ce samedi 21 mai l’ont naturellement réaffirmé), il ne m’a pas semblé opportun de voter un texte reprenant mot pour mot la position du projet PS dans sa version actuelle … Enfin, mes collègues conseillers régionaux écologistes franciliens demandent la fermeture rapide de la centrale nucléaire de Nogent sur Seine. Cette position a été répétée par Cécile Duflot le 25 avril dernier à Nogent lors de la manifestation marquant les 25 ans de la catastrophe de Tchernobyl. J’ai donc simplement choisi de faire jouer, à l’égard de mon groupe politique, ma clause de conscience. Mes collègues conseillers régionaux écologistes l’ont compris et accepté, et je les en remercie. Il n’y a de ma part aucun jugement de valeur sur les efforts pour tenter d’obtenir un compromis acceptable sur ces questions avec les autres composantes de la majorité. Il y a juste une différence d’appréciation sur ce que peut être un compromis acceptable sur ces questions de la sureté nucléaire et de la politique énergétique de la France. Lundi 23 Mai 2011
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