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Bure : Une nouvelle perspective d’avenir pour le Laboratoire...



Bure : Une nouvelle perspective d’avenir pour le Laboratoire...
La Commission permanente du Conseil Régional de Champagne s’est prononcée lundi 17 janvier sur la demande de renouvellement de l’autorisation d’exploitation du Laboratoire de l’ANDRA en Meuse / Haute-Marne : elle a rendu un avis ni favorable ni défavorable, choisissant de refuser le simplisme binaire du dossier déposé par l’ANDRA, rappelant l’opposition du Conseil Régional à l’enfouissement et souhaitant le renforcement de la recherche sur les deux autres voies délaissées de gestion des déchets radioactifs.

Vendredi 14 janvier, les élus écologistes avaient appelé leurs collègues de la majorité à prononcer un avis défavorable et à engager résolument le laboratoire sur une nouvelle voie d’avenir. Certains élus socialistes souhaitaient en effet aller vers un avis favorable. Au terme d’un débat intense au sein de la majorité une position de compromis a été finalement construite : la région prononce un avis qui n’est ni favorable ni défavorable, refusant le caractère binaire du dossier déposé par l’ANDRA. La mise en en évidence par celle-ci que le « le programme d’études et de recherche [s’inscrivait] désormais dans l’objectif de préparer la phase industrielle du projet » a en effet plus que troublé nombre d’élus de la majorité.

Dès lors il n’était pas possible pour elle d’émettre un avis favorable à une demande de renouvellement aussi crûment tournée vers la préparation de la construction d’un centre de stockage en couche géologique profonde. Sur ce point l’avis rendu par Commission Permanente rappelle l’opposition du Conseil Régional à « l’enfouissement en grande profondeur ». Un élu socialiste, sensible à l’enjeu de la réversibilité, a reconnu qu’aux dires d’experts internationaux récemment réunis à Reims cette « réversibilité » n’était aujourd’hui assurée que sur une période de cent ans, ce qui ne lui apparaissait pas comme suffisant en regard de notre responsabilité à l’égard des générations futures.

Il n’a pas été possible non plus d’émettre un avis défavorable, certains membres de la majorité exprimant leur attachement à la poursuite d’un programme de recherche sur le stockage en couche géologique profonde, à la condition qu’une expertise indépendante y soit associée. En outre, la majorité s’est accordée autour de l’idée qu’aller vers un statut de très grand équipement scientifique utilisé pour des recherches sur les géosciences ouvrirait une perspective d’avenir aux chercheurs et au Laboratoire.

La commission permanente a aussi exprimé son souhait que « le champ des recherches soit élargi, en France, aux autres méthodes de gestion des déchets radioactifs ». Elle a enfin souhaité que « les citoyens soient directement consultés, et pas seulement par l’intermédiaire de leurs élus », exprimant ainsi sa volonté de prendre en compte les milliers de signature de champardennais, et notamment de haut-marnais, appelant à une consultation référendaire sur la construction éventuelle d’un centre de stockage en couche géologique profonde. Au final l’avis a été voté par les membres de la Commission Permanente rattachés aux groupes socialistes, communistes, écologistes, ainsi que par les membres du groupe FN. Les membres issus du groupe UMP NC n’ont pas pris part au vote.

Pour Eric Loiselet, président du groupe des élu-es écologistes au Conseil Régional de Champagne Ardenne, « le verre est à moitié plein : nous n’avons pas convaincu nos collègues de la majorité d’adopter un avis défavorable mais nous les avons convaincus de ne pas adopter un avis favorable. Jacques Meyer, 1er vice président, a joué un rôle constructif, que je salue, dans la construction d’une position de compromis entre les diverses sensibilités de la majorité, compromis à la construction duquel ont concourus tant des conseillers socialistes que les conseillers communistes ».

Il ajoute « si notre groupe a accepté de jouer le jeu de la recherche d’un compromis c’est dans l’esprit de solidarité au sein de la majorité et d’exigence qui nous anime depuis le début. Au-delà de la poursuite de notre opposition à la poursuite des recherches prévues par le dossier de demande de renouvellement déposé par l’ANDRA, nous restons totalement opposés au stockage réversible en couche géologique profonde, et privilégions l’entreposage en surface ou subsurface sur sites nucléaires existants ».

Il précise : « nos collègues socialistes n’ont pas voulu rééditer l’expression d’un avis défavorable qui avait été leur position en 1997. Cela aurait pourtant été à la fois plus simple et plus cohérent. Je le regrette, mais il ne nous appartient pas de juger le choix des socialistes. Si nous nous satisfaisons en partie qu’au final notre position collective soit de ne pas prononcer un avis favorable, les élus écologistes maintiendront une vigilance active sur ce dossier et ne manqueront pas, chaque fois que nécessaire, de tenter de convaincre leurs collègues socialistes et communistes que le stockage géologique profond et les recherches qui le prépareraient constituent une impasse sur la route d’une gestion responsable des déchets nucléaires ».

En conclusion, « Nous avons fait passer l’idée que le nouveau programme de recherche n’avait plus grand-chose à voir avec le programme initial, et que la perspective de la construction d’un centre de stockage profond se profilant à vive allure, il fallait dire que cette fuite en avant vers l’enfouissement ne nous convenait pas. Je constate d’ailleurs que cette voie n’est plus guère portée aujourd’hui dans le monde malgré les efforts de la filière électro nucléaire pour privilégier cette voie, au détriment des autres. »

Mardi 18 Janvier 2011



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